La conflictualite en France a fortement baisse au cours des
quarante dernieres annees. Ainsi, <
Tout d'abord, nous presentons une revue de litterature sur la mediation et I'arbitrage ainsi que la justice organisationnelle qui sont les deux themes centraux de notre etude. Puis, nous decrivons notre problematique de recherche et nous presentons nos resultats empiriques I'appui de I'etude realisee au sein d'IBM. Enfin, nous proposerons une breve comparaison des resultats obtenus avec ceux d'une etude similaire realisee au sein de SFR Cegetel.
Revue de litterature
La mediation et I'arbitrage dans les relations du travail
Sur le plan conceptuel, il convient de distinguer les notions de
mediation et d'arbitrage. Selon Hubert Touzard (1977 : 87), la
mediation correspond <
Si I'on se penche plus avant sur la seconde categorie, selon Rojot (2006), en pratique, les principaux modes de recours volontaire hors arbitrage une tierce partie dans une negociation comprennent trois degres : le facilitateur, le conciliateur et le mediateur.
La facilitation opere a plusieurs niveaux. II peut s'agir d'organiser des reunions, conduire les discussions, preparer des comptes rendus neutres, ou encore de conduire le debat et de faciliter I'echange d'information. La facilitation evite de perdre du temps si I'accord est impossible, encourage continuer si I'accord est possible et permet alors un meilleur accord. En plus du role de facilitateur, le conciliateur confronte les positions et les aide les explorer. Enfin, le mediateur va, en outre, essayer d'amener activement les parties en conflit atteindre elles-memes leur propre accord en formulant des propositions de leur propre initiative.
Cette distinction est cependant liee au droit francais, figurant dans les Codes. Dans d'autres contextes, la conciliation peut etre jugee aussi plus active que la mediation. Dans le cadre nord-americain, en particulier, la distinction entre mediation et conciliation est generalement effacee, parfois au profit d'autres caracterisations des pratiques, par exemple suivant un critere de diversite (Kolb et Williams, 2001) ou de type de probleme ou de relation (Folger et Jones, 1994).
Tedeschi et Lindskold (1976) reconnaissent au mediateur certains avantages : il modifie la signification percue des concessions; il amene les deux parties modifier leurs niveaux d'aspiration; il permet I'une ou I'autre ou aux deux parties de sauver la face et il introduit des normes d'equite et de justice dans les processus.
Dans la realite, les modes de reglements alternatifs des conflits (ADR) se mettent la plupart du temps en place selon des modalites complexes, voire hybride. Tel est le cas du programme de la porte ouverte d'IBM etudie ici o0, bien que le tiers intervenant utilise des competences de mediation, li dispose d'un pouvoir de decision (donc d'arbitre)a la fin de la procedure. En outre, se deroulant totalement dans I'entreprise, il s'agit d'une mediation-arbitrage interne, la difference du cas o0 le mediateur ou arbitre est un tiers I'organisation.
La justice organisationnelle
Thibault et Walker (1975) mettent en evidence I'importance de la justice procedurale, independamment de la justice distributive au sein de I'entreprise. Dans les deux cas, li s'agit de justice organisationnelle, terme introduit par Greenberg (1987). Celle-ci correspond a la perception des individus quant la justice dans la repartition des ressources (au sens large--remuneration, promotion, temps de travail, evaluation, reconnaissance, etc.) au sein de I'entreprise. Pour autant, les notions de justice distributive et procedurale correspondent des realites differentes. Le principe de justice distributive correspond au fait que, dans une relation d'echange, I'individu attend que ses recompenses soient proportionnelles I'investissement dans son travail. Celle-ci a notamment ete etudiee sous I'impulsi0n des travaux d'Adams (1963). Le concept de justice procedurale, quant lui, s'attache aux mecanismes travers lesquels des decisions sont prises, qu'il s'agisse d'attribuer des ressources, de trancher des litiges, d'arbitrer des differences, de sanctionner des comportements positivement ou negativement. II s'oppose au concept de justice distributive qui s'attache aux resultats de fait de ces decisions et aux criteres sur lesquels elles sont basees. En d'autres termes, la justice procedurale a trait la perception du caractere juste, equitable ou correct des procedures utilisees pour arriver des decisions et la justice distributive concerne la perception du caractere juste, equitable ou correct de la substance, du contenu et des consequences de ces decisions.
Roberts et Gleason (1994 : 78) distinguent six dimensions de la justice procedurale : la premiere dimension correspond la representativite. Elle refere I'occasion qui est offerte au salarie de pouvoir influencer la decision au cours du processus. Lorsque la decision est prise par une tierce partie, li peut s'agir pour le salarie du fait de pouvoir presenter ses arguments et points de vue cette tierce partie, avant que la decision ne soit prise. La seconde dimension est celle de la coherence du traitement. Celle-ci correspond a la conformite du traitement de I'individu avec ce qui est habituei. Ainsi, elle peut etre mesuree par le sentiment qu'a le salarie d'etre traite d'une maniere similaire a la maniere dont les autres salaries auraient ete traites dans les memes circonstances. Elle peut egalement etre mesuree par rapport I'experience passee de I'individu dans des circonstances jugees similaires. La troisieme dimension correspond la convenance ethique. Elle correspond au fait que la decision est prise selon une procedure ou le salarie est reconnu dans sa dignite et ses valeurs individuelles. II a le sentiment que le decideur n'a pas traite son cas avec negligence, indifference ou manque de respect et que ses droits sont pris en compte. La quatrieme dimension est I'impartialite. Elle fait reference a I'impartialite et I'honnetete de la part de celui qui prend la decision pour considerer le cas de maniere objective et non dans le cadre de prejuges ou stereotypes qui seraient sources de comportement discriminatoire. La cinquieme dimension est celle de la fidelite. Elle concerne le fait que le decideur dispose d'une information suffisante pour pouvoir prendre une decision juste. Elle correspond a la perception de I'effort du decideur pour rassembler suffisamment d'informations assez precises, assez completes, pour avoir une base serieuse de decision. Enfin, la sixieme dimension est appelee rectification. Elle correspond a I'existence d'une possibilite d'appel, ou tout au moins de modification ou de correction d'une decision une fois qu'elle a ete formulee.




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